Pour moi, ancrer un récit dans le monde physique n’est pas une contrainte — c’est une nécessité. Je ne dis pas qu’il faut s’interdire de se projeter, d’inventer, d’extrapoler. Mais personnellement, c’est comme ça que je fonctionne : j’ai besoin que mes histoires aient une adresse.
Théa se déroule à Antibes. Antipolis également — mais deux mille ans plus tôt, quand la ville s’appelait encore autrement et que les pierres n’avaient pas encore toutes leurs cicatrices.
Entre Deux Mondes, c’est différent. Le récit se déploie à travers des lieux que j’ai traversés au fil de ma vie — certains anciens, d’autres plus récents. Des endroits qui m’ont marqué, que j’ai voulu garder quelque part. L’écriture, c’est aussi ça : une façon de ne pas tout à fait partir.
Je ne vais pas spoiler, bien entendu. Mais les lieux ont leur mot à dire dans cette histoire. Voici quelques explications.
Je pense que c’est important pour un auteur d’ancrer ses écrits dans un monde physique, dans la réalité. Je ne dis pas qu’on ne pas se projeter, mais personnellement , c’est comme ca que je le conçois.
Théa se déroule à Antibes, Antipolis également mais 2000 ans plus tôt. Entre deux mondes se déroule dans les différents lieux que j’ai visité dans ma vie ou plus récemment. Sans spoile bien entendu 😉
Voici les explications.

Aix en provence
Une ville emblématique. Provence dans les os, soleil dans les pierres, et cette lumière particulière que Cézanne a passé sa vie à essayer de capturer — sur la Sainte-Victoire justement.
C’est ici qu’est née Yena.
Aix traverse la trilogie à plusieurs reprises, mais c’est la montagne qui s’impose comme un repère narratif à part entière. La Sainte-Victoire n’est pas un décor — elle est un moment. Un de ceux qui font pivoter une histoire.
Antibes
Ma ville. Si vous lisez mes œuvres, vous le comprendrez assez vite — elle est partout, en filigrane ou au premier plan.
En juillet-août, je la laisse volontiers aux touristes. Le reste de l’année, elle m’appartient un peu.
La cité des remparts concentre entre 40 et 50 % de la trilogie. Pas un Antibes carte postale — plutôt la ville telle qu’elle pourrait être dans dix ou quinze ans. Reconnaissable, mais décalée. Familière, mais pas tout à fait la même.
J’aime utiliser ses endroits emblématiques. Pas pour faire joli — parce qu’ils ont une densité, une mémoire. Les lieux chargés d’histoire portent les récits différemment.
Note : les images où apparaît Yena sont fictionnelles. Les autres sont réelles.





Oslo, Bergen, les fjords norvégiens
Ce pays est d’une beauté qui impose le silence. Chaque fois que j’y suis allé, j’ai retrouvé la même chose : une sérénité ancrée dans le paysage, comme si la nature avait décidé de donner le tempo.
Oslo d’abord — une capitale à taille humaine, modèle d’urbanisation tranquille, loin de l’agitation des grandes métropoles. Bergen ensuite, port encaissé entre les montagnes, humide et magnifique.
Mais ce sont les grands espaces qui m’ont le plus marqué — et le plus influencé.
La vallée d’Utladalen est un lieu emblématique du premier livre. Quand je l’ai visitée, j’ai su immédiatement qu’un moment clé de l’histoire se jouerait là. C’est une porte — vers Jotunheim dans la mythologie nordique, vers quelque chose d’essentiel dans le récit. Les cascades, les chemins qui montent vers les hauteurs de Midgard. Un endroit qui n’a pas besoin qu’on l’invente.
Et puis il y a Undredal. Un petit village au bord d’un fjord, que j’ai visité deux fois dans ma vie. À chaque fois, j’ai eu cette impression rare d’être dans un lieu où le calme n’est pas une absence de bruit — c’est une présence. C’est ici que j’ai placé un sanctuaire pour Yena et Tristan. Les hivers doivent être rudes, certes. Mais l’été, c’est un endroit qui vous reste.








Berlin, Strasbourg, Athènes
Berlin, Strasbourg, Athènes
Berlin. J’y suis allé il y a quelques années déjà. Une ville qui porte ses cicatrices à ciel ouvert — et qui en a fait une identité. L’Allemagne joue un rôle assez important dans la trilogie. Une dérive technologique ? Je vous laisse découvrir ça en lisant.
Strasbourg. Ma ville de naissance. Un passage, dans Entre Deux Mondes 3, pour un personnage important. Parfois les lieux qu’on connaît depuis toujours sont ceux qu’on met le plus longtemps à écrire.
Athènes. Si vous lisez mes livres, vous savez déjà que c’est une ville de cœur. J’ai eu la chance de la visiter récemment — et elle n’a pas déçu. Un petit chapitre lui est consacré dans E2M3. Certaines villes méritent qu’on y revienne, sur le papier comme dans la vie.
Note : les images de Strasbourg et de Berlin sont fictionnelles.




